La dégénérescence maculaire liée à l’âge néovasculaire (DMLAn), l’œdème maculaire diabétique (OMD) et les occlusions veineuses rétiniennes (OVR) font aujourd’hui partie des principales causes de cécité et de déficience visuelle. Bien que les traitements anti-VEGF aient transformé leur prise en charge, le caractère multifactoriel de ces pathologies met en évidence des besoins encore non couverts1-5.
L’essentiel à retenir : Les pathologies rétiniennes comme la DMLAn, l’OMD et les OVR sont des causes majeures de déficience visuelle. Malgré des traitements anti-VEGF efficaces, la nécessité d’injections fréquentes et les enjeux d’observance révèlent des besoins encore non couverts. Le caractère multifactoriel de ces trois pathologies ouvre la voie à d’autres approches thérapeutiques afin de répondre au défi du maintien de l’efficacité biologique à long terme1-5.
Pourquoi l’exploration d’autres approches thérapeutiques est justifiée dans la prise en charge des pathologies rétiniennes5
1. Une charge thérapeutique lourde pour les patients et leurs aidants 4
La baisse d’acuité visuelle altère profondément l’autonomie des patients (perte du permis de conduire, difficultés de repérage dans l'espace urbain...), rendant l'accompagnement par un tiers indispensable. Or, pour stabiliser la pathologie, les injections doivent être réalisées régulièrement, à quelques semaines d’intervalles seulement. Cela implique une grande disponibilité de la part des aidants.
À cela s’ajoute l’appréhension des patients vis-à-vis des injections dans l’œil, qui conduit nombre d’entre eux à repousser voire à annuler leurs rendez-vous.
2. L'observance, un défi majeur des traitements anti-VEGF 4
Cette charge thérapeutique est d’autant plus lourde qu'il existe parfois un décalage entre l’attente du patient (qui espère une amélioration visuelle) et l’objectif médical réel, centré sur la stabilisation anatomique. Un bénéfice majeur sur le plan clinique mais souvent imperceptible dans le quotidien du patient, chez qui l’amélioration fonctionnelle demeure rare. Résultat : 50 % des patients déclarent avoir déjà manqué un rendez-vous et 20 % décalé leurs consultations, tandis que 20 % sont « perdus de vue ».
Selon une récente étude, la qualité de la relation médecin/patient et une meilleure information sur l’objectif des injections pourraient changer les choses4.
3. Au-delà du VEGF : d'autres voies de signalisation impliquées
Le traitement actuel de la DMLAn, de l’OMD et des OVR repose sur l’inhibition d’un facteur de croissance de l’endothélium vasculaire (VEGF). Toutefois, la nature multifactorielle de ces pathologies peut impliquer d’autres voies de signalisation. Cette réalité biologique éclaire notamment l'hétérogénéité des réponses anatomiques observées en pratique courante, y compris chez des patients parfaitement observants4.
L’amélioration des connaissances sur les mécanismes physiopathologiques ouvre la voie à d’autres approches thérapeutiques pour tenter de répondre au besoin de contrôle de la maladie sur le long terme5.
Références :
1. Age-Related Macular Degeneration: Epidemiology, Pathophysiology, Diagnosis, and Treatment (consulté le 11 juin 2024).
2. Global prevalence and major risk factors of diabetic retinopathy - Diabete Cares (consulté le 17 juin 2024).
3. Drivers of and Barriers to Adherence to Neovascular Age-Related Macular Degeneration and Diabetic Macular Edema Treatment Management Plans: A Multi-National Qualitative Study (consulté le 17 juin 2024).
4. Giocanti-Auregan A, et al. Drivers of and Barriers to Adherence to Neovascular Age-Related Macular Degeneration and Diabetic Macular Edema Treatment Management Plans: A Multi-National Qualitative Study.Patient Prefer Adherence. 2022 Mar 3;16:587-604.
5. Khachigian LM, et al. Emerging therapeutic strategies for unmet need in neovascular age-related macular degeneration. J Trans Med. 2023:21-133.